Comment planter les arbres enracines nues

Que veut dire « racines nues » ?

Un arbre en racine nues est un arbre qui a été arraché sans conserver de terre autour des racines.
Cette pratique ancestrale et très économique est maintenant presque totalement abandonnée au profit de transplantations en mottes ou en conteneurs devenues la norme dans les chantiers d’espaces verts.

Quelle en est la raison ?

Même s’il y a une technique pour conserver les arbres arrachés en racines nues sur plusieurs semaines sans risques*, le conteneur est très pratique pour le transport mais ne convient pas aux gros sujet et la motte, bien que lourde accepte des délais entre l’arrachage et la plantation plus longs. Mais en réalité la racine nue est une technique bien plus intéressante.
 

A Quel titre ?

1.     Un arbre en racines s’installe 2 à 3 trois plus vite qu’un arbre en motte ou conteneur. Donc s’il est planté assez tôt en saison, il n’aura pratiquement pas besoin de soins au cours de l’été suivant et pas du tout au cours de la deuxième et la troisième année alors que les autres devront être « biberonnés » pendant au moins 2 ans.

2.     Le tuteurage est bien plus aisé et un seul tuteur suffit

3.     Le transport est plus simple car l’arbre est plus léger alors qu’une motte même bien emballée peut toujours se casser.

4.     L’enracinement à partir de racines nues est mieux diversifié (racines principales et secondaires) et l’ancrage sera meilleur sur le long terme. 

Comment planter un arbre en RN ?

Il faut d’abord faire un trou conséquent, 1 mètre de coté sur 50 cm de profondeur au moins, afin de bien aérer la terre et offrir aux racines un grand volume à coloniser.

Planter un tuteur solide et bien calibré au fond du trou (très important de l’installer avant l’arbre) ce qui évite de blesser le tronc avec la masse en enfonçant le piquet.

Trou dee plantation
– Jacques Gient

Remblayer partiellement le fond afin que le collet de l’arbre, une fois planté, soit légèrement au-dessus de niveau du sol. 

Positionner l’arbre, après avoir « habillé »** les racines, puis remblayer autour et entre ces racines en tassant la terre afin qu’elle soit bien en place.
Il restera un peu de terre en trop, c’est normal, cela s’appelle le foisonnement et avec cette terre en trop on fait une forme de cuvette autour de l’arbre (pas une butte).

Installation de l’arbre
– Jacques Ginet

Il ne restera plus qu’à arroser copieusement la cuvette afin de mettre la terre en place et d’éviter les poches d’air. 

Cuvette d’arrosage
– Jacques Ginet

Enfin il y a le tuteurage à faire avec un lien naturel comme de la ficelle de sisal en faisant un tour mort autour du piquet pour éviter que le lien ne glisse.
Au cours des premiers jours il y aura un tassement naturel et l’arbre descendra un peu, c’est pour cela qu’il faut mettre le collet un peu au-dessus du niveau du sol qui est autour. 

Tuteurage attachage
– Jacques Ginet
Apport d’engrais, de fumier ?

L’engrais n’est pas nécessaire pour la reprise d’un arbre, par contre un apport de matière organique est très souhaitable :
Vieux fumier, mais ne pas le mettre en contact direct avec les racines (au fond du trou ou sur les côtés), compost bien décomposé, tourbe ou terreau mélangés à la terre pour faire un effet « tampon » sont un très bon apport.
Un apport (en plus) de cornaille ou de farine de plume est bon aussi car il apporte à la fois des minéraux et de la matière organique.

*Conservation des racines nues sur le moyen terme.

Les arbres arrachés peuvent être conservés une bonne semaine dans une cave ou une grange fraiche avec une bonne hygrométrie de l’air grâce, par exemple, à de la terre battue. On peut également couvrir les racines d’un peu de foin ou de paille pour limiter les risques de gel.
Ensuite, pour des périodes plus longues, il y a la technique de la mise en jauge :
Dans du sable ou dans de la terre, il suffit de creuser un trou peu profond, juste pour recevoir les racines des arbres et de recouvrir ces racines avec la terre sortie du trou, en veillant à éviter les grosses modes. De cette façon, les racines, qui n’ont pas besoin de nourrir des feuilles en eau, restent dans un milieu humide. Elles ne se rident pas et gardent toutes leurs capacités à redémarrer dès que les conditions seront bonnes (plantation définitive). Mais cette technique est un peu chronophage, les professionnels la pratique de moins en moins 

**L’habillage des racines
Consiste à retailler les racines pour éliminer les parties qui ont été trop blessées au moment de l’arrachage, raccourcir, celles qui sont trop longues (la longueur intéressante à conserver correspond à environ 15 fois le diamètre de la racine à sa naissance), éliminer les radicelles qui sont généralement flétries et qui ne seront plus capable de capter l’eau (les radicelles, le chevelu, sont les premières racines à souffrir de l’arrachage). 

Faire des coupes bien franches avec un sécateur bien affuté afin de laisser une cicatrice lisse.
Il faut aussi faire les coupes perpendiculairement à la racine afin d’avoir une cicatrice de la plus petite surface possible. 

N’hésitez pas à appeler pour poser vos questions ou donner un avis au 04 76 46 45 45.

Articles connexes

Derniers articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici