Une technique très simple : le bouturage ligneux

Ce qui le caractérise,  

Aussi appelé « bouturage de bois sec », le bouturage ligneux se fait en hiver avec des rameaux de l’année précédente. Il ne demande ni chaleur, ni couverture de protection, ni apport d’hormone, en gros : pas de soins particuliers.
L’appellation Bouture de bois est impropre à mon avis car le bois sec est du bois mort. 

Quels végétaux peut-on multiplier de cette manière ?

Les végétaux, arbres et arbustes, qui ont le plus de facilité à émettre des racines puisqu’on n’apporte aucune précaution particulière à part bien réaliser la bouture. (Voir liste en annexe)

La technique :

En janvier de l’année n, on choisit des rameaux de l’année n-1, donc les plus récents.
Il faut choisir des tiges vigoureuses, et saines, non parasitées,

Rameaux de cassissier © Radio France
– Jacques Ginet

Couper proprement et perpendiculairement juste sous un œil (bourgeon), pour le bas de la bouture, et tailler en biseau juste au-dessus d’un œil 12 à 20 cm plus haut.
On peut souvent faire plusieurs boutures sur un même rameau mais il faut éviter de prendre la partie haute trop fine car elle n’a pas assez de réserves pour produire des racines.
La longueur de la bouture est fonction de son diamètre et du nombre d’yeux existants. Il faut qu’il y en ait au minimum 3, ce qui parfois, en raison de l’espacement des yeux peut conduire à voir des boutures de plus de 20 cm. Cela peut être le cas avec des arbres très vigoureux comme le platane par exemple.

bouturage détails © Radio France
– Jacques Ginet
Ensuite :

Les boutures réalisées sont mises en petits fagots en les regroupant par taille et surtout en les rangeant toutes dans le même sens. (C’est assez simple puisque les coupes sont perpendiculaires au rameau en bas et en biseau en haut.)
Ces petits fagots sont tout suite mis en en jauge* pour l’hiver.
Cela se fait en enterrant les fagots couchés, de préférence dans du sable, ça peut se faire aussi dans de la terre meuble. IL suffit de recouvrir ces bâtonnets de 3 à 5 cm seulement. 

mise en jauge © Radio France
– jacques Ginet

Ils passeront tout le reste de l’hiver comme cela. Pendant cet hivernage, un cal cicatriciel commencera à se former à la base des boutures et parfois aussi sous les yeux.

Le repiquage,

Plus tard en saison, au printemps lorsque la végétation aura démarré au jardin, c’est-à-dire lorsque les bourgeons auront éclos sur les arbres arbustes, il sera temps de récupérer nos boutures. 

Les déterrer délicatement, couper les liens sans abîmer les boutures, puis les repiquer en pépinière.
C’est-à-dire dans un sol meuble, bien préparé avec un peu de matière organique, les boutures seront enfoncées profondément dans le substrat de manière à ce que seul le bourgeon terminal émerge hors de terre.
Un petit arrosage sera le bienvenu, et si le printemps est vraiment sec, il en faudra quelques autres, mais pas trop, juste de quoi éviter que la terre ne se dessèche fortement. 

A l’automne suivant ces plantes seront bonnes à être replantées en lignes de pépinière en vue de leur formation qui durera entre 1 et 3 ans.

Annexe

Quelques exemples de végétaux à bouturer en hiver : abelias, forsythias, groseillers, cassis et casseilles, seringats, troènes, weigelias, peupliers (sauf populus lasiocarpa), platanes, saules… 

NB : Pour ce qui est des rosiers, cela dépend de leur lignée génétique. Certains rosiers sauvages se bouturent facilement tout comme leurs descendance. Par exemple les rosier thé et hybrides de thé, en général les anciennes variétés. Pour certaines variétés, cela ne fonctionne pas.

*La jauge est un lieu qui a un sol léger et facile à travailler (souvent du sable) où on entrepose (enterre provisoirement) les arbres en attente de plantation.

Ecoutez l’émission jardinage du dimanche matin sur France bleu Isère de 9 heures à 10 heures. Vous pouvez appeler pour poser vos questions ou donner un avis au 04 76 46 45 45.  

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